Portrait d’Etienne Brunel fondateur de l’enseigne « Barre&Brunel Footwear »

Comme quoi Instagram peut permettre de beaux échanges. Étienne Brunel jeune entrepreneur et fondateur de l’enseigne « Barre & Brunel Footwear » en est l’exemple.

Une pépite française délocalisée en Asie. Je décide de lui écrire instinctivement en Anglais même si je me doute bien que la réponse se fera en Français. Très vite, l’échange se traduit par un appel, puis là, nous comprenons tous deux que nous avons la même vision des choses parlant de souliers, de l’Asie ou même de menswear.

 


Présentation en quelques lignes d’Etienne Brunel

Après avoir fait des études supérieures dans la finance, à Marseille. Il décolle vers l’Asie pour y travailler et se faire son expérience. Mais la passion des chaussures artisanales est trop forte, la stabilité et son quotidien ne lui suffisent plus. Son temps libre, il le passe en majorité derrière son écran à se documenter sur les souliers ou à y dessiner des chaussures. 

Pouvoir évoluer dans un secteur tout en pensant à un autre est difficile, c’est à mon sens la dure loi de l’entreprenariat. Il démissionne alors pour se consacrer totalement à sa passion. Forcé de constater que le marché asiatique est en retard sur les souliers de qualité. Il se dit que la place est à prendre. En fait, elle est inexistante sur son offre. Cependant, il ne faut pas croire que tout se fait ainsi, il entreprend d’abord une expérience enrichissante chez Suitsupply puis Loding. 

Il contacte notamment une enseigne française pour l’importer en Chine, mais en vain. Pas réellement un échec car cela le conforte sur son choix, Barre et Brunel Footwear est née. S’ensuit un an de recherches, les cuirs proviennent de France, la production est faite en Espagne dans une entreprise qui travaille le cuir depuis près de 100 ans.

Intrigué par l’alliance de Barre et Brunel, Étienne me révèle que c’est un beau mélange entre le nom de famille de sa mère associé à celui de son père. Une association qui fait de lui ce qu’il est devenu et sa personnalité. Une personnalité que l’on retrouve aujourd’hui dans sa ligne de souliers.

Ce qui est intéressant est de savoir que de nos jours, la tendance fait que beaucoup de nos produits de consommation sont issus de l’Asie pour être revendus en Europe, alors que là c’est l’inverse. Il faut alors s’adapter à une autre culture ou si vous préférez un autre marché. C’est pourquoi, la marque s’adapte et notamment pour le chaussant. Nous avons tous un pied différent et une façon de le chausser également. Pour ma part, j’aime avoir un soulier prêt du pied, pour pouvoir éviter certains plis disgracieux. 

En Asie se sera tout autre, question de style mais surtout de confort. Nous avons en Europe le pied plus fin, à Hong Kong où est basé Étienne, il est plus fort. Alors, il doit s’adapter à une forme de soulier plus large en proposant une forme de largeur E, ce qui correspond en somme à une demi voir une pointure de plus que pour nous Européens. Ce n’est pas forcément de bons gouts mais c’est ainsi, il faut savoir composé et ce choix en fait parti.

Pour vous parler de sa ligne, elle est selon moi à l’image du marché sur lequel elle est proposée. Maintenant pas complètement car elle apporte tout de même une touche française dans un milieu ou l’Italie et l’Angleterre sont plus en force. Et encore certains bottiers asiatiques sont vraiment de très belles références. 

 

Pour Étienne, l’idée n’est pas de suivre une mode car il n’aime pas ça. Mais il est plutôt question de traverser les générations. 

Pour parler de son offre, il pourra vous proposer des modèles de stock sur sa ligne de classiques, comme des modèles avec personnalisation. En effet, vous pourrez « customiser » vos semelles par vos initiales, le monogramme est le must pour se différencier. Fabriqué à la main avec des clous en laiton. Ou bien faire apposer directement un patin avec son fer encastré. Un fer encastré fournira une protection efficace à l’avant de vos souliers, qui est une partie la plus délicate sur les premiers ports.

 

Crédit Photo : @barrebrunetfootwear

Tout cela pour un prix modéré. Pour ma part, j’ai craqué pour le modèle Jenn (reportage photo plus bas) en « brown suede calf » pas encore d’initiales pour mes semelles mais l’idée me charme. Les souliers me sont arrivés sous 10 jours, après un petit arrêt forcé auprès de nos charmantes douanes. Mon premier retour reste positif, la boite est pensée comme un fourreau et cela change. Les souliers me sont livrés dans leurs pochons, avec embauchoirs en bois de cèdre. Ma première impression est vraiment positive. Pour le choix de votre pointure, pas de surprises, restez sur votre taille habituelle. 

Le petit plus auquel certains confrères ne pensent pas forcément, une paire de lacets de rechange avec quelques conseils pour entretenir vos souliers. Notamment si vous choisissez une patine ou un soulier de cuir.

D’ici 2018, de nouveaux partenariats devraient se faire pour lui et son enseigne, sur le marché asiatique. Étienne se laisse deux ans pour voir mais son envie de revenir en France est également bien présente. Tout laisse à croire que cet article ne sera pas le dernier. 

Voilà une brève présentation à distance, comme quoi notre monde évolue et cela nous montre qu’il ne tient pas à grand-chose… juste un mail.

Merci de m’avoir lu

Mon choix : Modèle “Jenn

Avec Etienne, nous avons également le point commun d’avoir pu paraître sur le fameux blog « the claymoorlist » une source d’inspiration quand on parle de souliers. 


barrebrunelfootwear

Quelques questions pour Etienne :

Etienne d’où te vient cette passion du soulier?
En fait je suis passionné par l’élégance, la beauté des choses en général. La nature, l’architecture, l’art, l’artisanat… Pour moi, la vie est une quête de la perfection dans tous les instants. La perfection n’est pas uniquement visuelle, elle l’est aussi dans l’art de vivre. Acheter une belle paire de souliers c’est bien, l’entretenir c’est mieux, la transmettre à son fils c’est encore mieux…

J’ai pu constater de belles mises sur certaines de tes photos, te concernant, un beau costume pour toi c’est quoi?
Confort, qualité et harmonie, c’est ce que je recherche dans un costume. Aujourd’hui trop d’enseignes mettent en avant des coupes très étroites en négligeant totalement le confort. Il faut bien sûr que les tissus soient de bonne qualité, que la construction le soit aussi. Enfin le costume doit être coupé avec harmonie en respectant quelques règles de proportion épousant parfaitement mon anatomie.

Revenir en France, tu y penses?
Oui mais pas avant que Barre & Brunel ne soit implanté durablement en Asie.

Allez, « Barre & Brunel » dans 5 ans, comment tu l’imagines?
Je vois Barre & Brunel dans toutes les grandes boutiques d’Asie. Nous sommes déjà à Hong Kong, Séoul, Macao et bientôt à Pékin, Shanghai…

Dernière question, le luxe absolu pour toi c’est quoi?
Pour moi il y a deux luxes : le luxe palpable et le luxe d’expérience.

Le luxe palpable, le luxe matériel. Ce luxe doit respecter ces trois critères : qualité, beauté, durabilité. N’importe quel objet qui est confectionné avec des produits de qualité, fait avec élégance et qui est fait pour perdurer, c’est un objet de luxe à mes yeux.

Le luxe d’expérience, c’est l’Art de vivre. En France nous excellons dans ce luxe. Cela revient à « la quête de la perfection dans tous les instants » déjà évoquée.


Reportage photo fait sur Paris et le magnifique lieu de Montmartre. Cette fois Florian, n’était pas disponible alors j’ai eu la chance d’être photographié par la talentueuse, Lorène : @lorene.lajuncomme

Veste et pantalon : @yukiinouemilano
Mi-bas : @bresciani
Souliers : @barrebrunelfootwear

 

Ma veste en daim sur mesure par Craftsman Clothing

Tout d’abord, toutes mes excuses pour ce retard de publication. Craftsman Co a été créé en 2015 par trois jeunes passionnés de la mode masculine qui se sont rencontrés sur un forum à Hong Kong. Après une analyse du marché et une constat...

Luca Maselli, la nouvelle génération d’une cravate de style à Milan

  Je travaille depuis plusieurs mois sur ma ligne de cravates et en étant le plus transparent avec vous. À mes débuts, l’idée d’avoir mon usine en France me motivait plus que tout. Cependant, pour me lancer j’ai décidé de faire con...

Laisser un commentaire